Le blason, c’est la cible en papier que vise l’archer : ces anneaux concentriques colorés qui donnent au tir à l’arc son image iconique. Mais derrière l’apparente simplicité se cache tout un système normé de tailles, de couleurs et de valeurs de points, adapté à chaque distance et chaque discipline. Ce guide décrypte les blasons de tir à l’arc : comment ils sont conçus, comment on compte les points et comment choisir le bon.

Qu’est-ce qu’un blason de tir à l’arc
Le blason est la face de cible sur laquelle on tire. Il se compose d’anneaux concentriques de couleurs normalisées. On le fixe sur un support (paille tressée, mousse dense ou boss synthétique) qui arrête la flèche. Le mot « cible » désigne souvent l’ensemble support + blason, mais le blason proprement dit, c’est la feuille imprimée.
Sa lecture est universelle : plus la flèche se plante près du centre, plus elle rapporte de points. Cette logique simple rend le tir à l’arc immédiatement compréhensible, même pour un spectateur néophyte.
Les couleurs et les zones de points
Le blason international standard comporte cinq couleurs, divisées en dix zones de points (deux zones par couleur). De l’extérieur vers le centre :
| Couleur | Zones | Points |
|---|---|---|
| Blanc | Deux anneaux extérieurs | 1 et 2 |
| Noir | Deux anneaux | 3 et 4 |
| Bleu | Deux anneaux | 5 et 6 |
| Rouge | Deux anneaux | 7 et 8 |
| Jaune (or) | Deux anneaux centraux | 9 et 10 |
Le petit cercle central, le « 10 » (parfois subdivisé en un « X » ou 10 intérieur pour départager les ex æquo), est la zone la plus convoitée. On parle de « faire mouche » quand la flèche s’y plante.
Les tailles de blason selon la distance
On n’utilise pas le même blason à 18 m qu’à 70 m. Plus la distance augmente, plus le blason peut être grand pour rester lisible, mais la difficulté relative reste calibrée. Les tailles courantes de blasons ronds :
| Diamètre du blason | Usage typique | Distance |
|---|---|---|
| 40 cm | Salle | 18 m |
| 60 cm | Extérieur court / jeunes | 30 à 50 m |
| 80 cm | Extérieur | 30 à 50 m selon catégorie |
| 122 cm | Extérieur long, cible olympique | 70 m |
En salle, on utilise aussi des blasons multiples (trois petits blasons de 40 cm sur une même feuille, dits « trispots ») pour éviter que les flèches ne se percutent au centre. Pour comprendre le lien distance-difficulté, voyez notre pilier améliorer sa précision.
À retenir. Un blason = anneaux concentriques, cinq couleurs, dix zones de 1 à 10 points, l’or au centre. La taille (40 à 122 cm) dépend de la distance et de la discipline. En salle, le trispot évite que les flèches se touchent.
Compter les points : les règles de base
Chaque flèche vaut les points de la zone où elle se plante. Quelques règles pratiques :
- Ligne de séparation : une flèche qui touche la ligne entre deux zones compte la valeur la plus élevée.
- Rebond ou passage au travers : des règles précises encadrent ces cas rares.
- Total par volée : on tire par séries (volées) de 3 ou 6 flèches, puis on additionne.
La régularité prime sur les coups d’éclat : mieux vaut un groupement dense dans le rouge qu’une flèche dans l’or et deux dans le noir. C’est tout l’enjeu du travail de précision.
Blasons spécifiques et disciplines
Au-delà du blason rond classique, certaines disciplines utilisent des cibles particulières : silhouettes animalières pour le tir 3D, blasons réduits pour le tir en campagne, cartons spécifiques pour le tir beursault. Chaque format impose sa lecture et son barème. Le blason rond reste néanmoins la référence, celui qu’on rencontre en initiation et en tir sur cible.
Erreurs fréquentes autour des blasons
- Choisir un blason inadapté à la distance : trop petit, on se décourage ; trop grand, on n’apprend pas la finesse.
- Mal lire une flèche sur la ligne : dans le doute, on tranche en faveur de la valeur haute.
- Négliger le trispot en salle : viser un seul point avec plusieurs flèches abîme les flèches par percussion.
- Se focaliser sur le 10 : viser le centre, oui, mais c’est la constance du groupement qui fait le score.
L’histoire et le symbolisme du blason
Le mot « blason » n’est pas anodin : il évoque l’héraldique, ces écus armoriés du Moyen Âge. Le tir à l’arc en a hérité une esthétique codifiée, où chaque couleur porte un sens et une valeur. Cette filiation historique rappelle que le tir à l’arc est l’un des plus anciens sports du monde, longtemps discipline militaire avant de devenir loisir et sport olympique.
Les couleurs actuelles du blason international ne doivent rien au hasard : elles ont été choisies pour offrir un contraste maximal, lisible à grande distance, du jaune éclatant du centre au blanc neutre de la périphérie. Cette lisibilité est essentielle : à 70 m, l’archer doit distinguer instantanément les zones pour caler sa visée. Le blason est donc autant un objet fonctionnel qu’un héritage culturel, symbole universellement reconnaissable du tir à l’arc.
Bien positionner et entretenir ses blasons
Un blason mal posé fausse l’entraînement. Quelques principes garantissent des conditions justes. Le centre du blason doit être placé à une hauteur normalisée, identique pour tous les tireurs d’une même ligne, afin que chacun travaille dans les mêmes conditions. Le blason doit être bien tendu et fixé à plat sur son support : un papier gondolé dévie la lecture des impacts et abîme les flèches.
Côté durée de vie, un blason s’use vite au centre, là où se concentrent les impacts. Le décaler légèrement ou en changer régulièrement évite que le carton central ne se déchire, ce qui rendrait le comptage litigieux. En club, on tourne les blasons et on les remplace dès qu’ils faiblissent. Pour l’entraînement personnel, mieux vaut prévoir un stock : un blason en bon état rend le tir plus lisible, plus motivant et plus juste.
Cas concret : lire une volée et progresser
Imaginons une volée de six flèches d’un archer intermédiaire à 18 m. Résultat : deux flèches dans le jaune (9 et 10), trois dans le rouge (7, 8, 8) et une dans le bleu (6). Total : 48 points sur 60. Que dit ce blason ? D’abord que le groupement est plutôt bon, centré, sans flèche perdue dans le noir ou le blanc. Ensuite que la marge de progression se situe dans la constance : resserrer les trois flèches rouges vers le jaune ferait bondir le score.
C’est là toute la richesse pédagogique du blason : il ne se contente pas d’attribuer une note, il raconte une histoire. Un groupement décalé en bas à gauche révèle un défaut d’ancrage ou de décoche ; des flèches éparpillées trahissent un manque de régularité. Apprendre à lire son blason comme un diagnostic, plutôt que comme un simple score, transforme chaque volée en séance d’analyse. C’est le réflexe qui distingue l’archer qui progresse de celui qui stagne.
Le blason, miroir de votre progression
Au fil des mois, le blason devient un formidable journal de bord. En conservant quelques cartons tirés à distances et périodes différentes, un archer visualise concrètement ses progrès : les groupements se resserrent, les flèches perdues dans le noir disparaissent, le nuage d’impacts migre vers le centre. Cette trace tangible motive comme peu de choses.
Beaucoup d’entraîneurs encouragent d’ailleurs à photographier ou à annoter ses blasons pour suivre l’évolution. Un groupement régulier mais décalé indique un simple réglage de visée à corriger ; un groupement dispersé signale un travail de fond sur la gestuelle. Lire ces signaux transforme le blason en outil de progression, bien au-delà du simple décompte de points. C’est là que réside toute la richesse pédagogique de la cible : chaque volée raconte quelque chose, et savoir l’écouter fait la différence entre l’archer qui répète les mêmes erreurs et celui qui, séance après séance, se rapproche du centre.
Points clés à retenir
- Cinq couleurs, dix zones, l’or (9-10) au centre.
- Taille du blason de 40 à 122 cm selon la distance.
- Une flèche sur la ligne prend la valeur la plus haute.
- La régularité du groupement fait le score, pas le coup isolé.
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Questions fréquentes
Combien de points vaut le centre du blason ?
Le petit cercle central vaut 10 points. Un cercle encore plus petit, le « X » ou 10 intérieur, sert à départager les ex æquo.
Quelle taille de blason en salle ?
40 cm à 18 m, souvent en version trispot (trois blasons sur une feuille) pour éviter que les flèches se percutent.
Une flèche sur la ligne, quelle valeur ?
Elle compte la valeur de la zone supérieure, c’est-à-dire la plus élevée des deux qu’elle touche.
Où trouver des blasons ?
En magasin spécialisé ou auprès de votre club, qui en fournit à l’entraînement. Ils s’usent et se remplacent régulièrement.
Peut-on s’entraîner sur un blason imprimé maison ?
Oui, pour le loisir, à condition de respecter les proportions et de le fixer bien à plat sur un support qui arrête la flèche. Pour la compétition, seuls les blasons officiels normalisés font foi, car leurs dimensions et couleurs sont strictement réglementées.
Pourquoi le centre s’appelle-t-il « l’or » ?
Par référence à sa couleur jaune doré, la plus centrale et la plus convoitée du blason. « Faire mouche » ou « toucher l’or » désigne une flèche plantée dans cette zone à 9 ou 10 points, l’objectif de tout archer.